Jour 2 : oblast (région) de Zaporizhzhia
Sur l’impulsion de Gabriel Attal, président du groupe d’amitié France-Ukraine de l’Assemblée nationale, le déplacement parlementaire en Ukraine s’est poursuivi hier.
Après une 2e nuit en train, alors que dans la nuit la Russie a lancé 213 drones sur l’Ukraine, nous sommes arrivés mardi, au petit matin à Zaporizhzhia, grande ville du sud de l’Ukraine.
Régulièrement frappée par des attaques aériennes depuis le début de l’invasion russe (plusieurs alertes pendant notre journée), l’oblast de Zaporijjia, revendiquée par la Russie tient le front de guerre.
Alors que peu de représentants occidentaux se rendent dans cette zone, nous avons tenu à aller témoigner notre soutien aux parties prenantes mobilisées : les autorités, les vétérans, les représentants humanitaires de l’ONU, une famille dont le logement a été dévasté par une frappe aérienne… L’occasion également de recueillir leurs témoignages pour mieux comprendre ce conflit et ajuster nos aides.
- 𝙑𝙞𝙨𝙞𝙩𝙚 𝙙’𝙪𝙣 𝙝𝙤̂𝙥𝙞𝙩𝙖𝙡 𝙢𝙞𝙡𝙞𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚
En Ukraine, aucun bâtiment n’est à l’abri. À l’image de l’hôpital militaire que nous avons visité, avec des échanges avec un personnel médical engagé et déterminé.
- 𝙍𝙚𝙣𝙘𝙤𝙣𝙩𝙧𝙚 𝙖𝙫𝙚𝙘 𝙙𝙚𝙨 𝙫𝙚́𝙩𝙚́𝙧𝙖𝙣𝙨
C’est avec beaucoup d’admiration et de reconnaissance, mais aussi d’humilité et d’émotion, que nous avons écouté les témoignages des vétérans. Avec la maire par intérim Rehina Karchenko, nous avons échangé sur les programmes de soutien aux vétérans, les initiatives de réintégration, mais aussi sur les réalités de cette guerre. Des échanges essentiels pour comprendre ce conflit, avec la nouvelle donne militaire que sont les drones.
- 𝙄𝙣𝙖𝙪𝙜𝙪𝙧𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚 𝙡’𝙚́𝙘𝙤𝙡𝙚 𝙨𝙤𝙪𝙩𝙚𝙧𝙧𝙖𝙞𝙣𝙚 « 𝙋𝙚𝙩𝙧𝙤𝙥𝙞𝙡 𝙇𝙮𝙘𝙚𝙪𝙢 »
C’est avec le gouverneur Ivan Fedorov que Gabriel Attal a inauguré la 3e école souterraine de l’ombast (région) de Zaporizhzhia. Selon l’ONU, au moins 576 attaques ont touché des établissements d’enseignement en Ukraine en 2024, une hausse de 96% par rapport à l’année précédente. Tandis que la guerre entre dans sa quatrième année, le gouvernement ukrainien agit pour ramener en classe les enfants qui suivent des études à distance depuis le début du conflit. C’est pourquoi des écoles souterraines sont construites dans les zones les plus touchées par les bombardements, comme à Zaporijjia, afin de permettre aux élèves de mieux étudier et de se socialiser. Nous y avons retrouvé, pour leur 1ère journée d’école, des élèves heureux de se retrouver et d’avoir un enseignant en face d’eux. Personnellement, j’ai été très touchée par la résilience de ces enfants qui rentrent sous terre pour apprendre à l’abri des frappes de missiles, bombes ou drones russes que cette région subit au quotidien, et par l’engagement de leurs enseignants.
- 𝙑𝙞𝙨𝙞𝙩𝙚 𝙙𝙪 𝙗𝙖𝙧𝙧𝙖𝙜𝙚 𝙝𝙮𝙙𝙧𝙤𝙚́𝙡𝙚𝙘𝙩𝙧𝙞𝙦𝙪𝙚 𝙙𝙚 𝘿𝙣𝙞𝙥𝙧𝙤
C’est en amont de la ville, à une soixantaine de kilomètres de la centrale de Zaporijia, sur le Dniepr, que se situe ce barrage hyrdoélectrique, le plus gros d’Ukraine. Nous avons pu nous rendre compte de l’état de cet ouvrage fréquemment la cible d’attaques aériennes russes, comme celle de mars 2024, avec 8 missiles russes qui ont infliger d’énormes dégâts (5 turbines sur 8 endommagées ou détruites). Mais aussi mesurer la détermination de Ukrainiens à reconstruire leurs équipements.
- 𝙍𝙚𝙣𝙘𝙤𝙣𝙩𝙧𝙚 𝙖𝙫𝙚𝙘 𝙡𝙚𝙨 𝙧𝙚𝙨𝙥𝙤𝙣𝙨𝙖𝙗𝙡𝙚 𝙙𝙪 𝙃𝘾𝙍 (𝙃𝙖𝙪𝙩 𝘾𝙤𝙢𝙢𝙞𝙨𝙨𝙖𝙧𝙞𝙖𝙩 𝙖𝙪𝙭 𝙧𝙚́𝙛𝙪𝙜𝙞𝙚́𝙨), 𝙡’𝙖𝙜𝙚𝙣𝙘𝙚 𝙙𝙚𝙨 𝙉𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙐𝙣𝙞𝙚𝙨 𝙥𝙤𝙪𝙧 𝙡𝙚𝙨 𝙧𝙚́𝙛𝙪𝙜𝙞𝙚́𝙨
Sur un quartier résidentiel qui subit fréquemment des attaques aériennes russes, nous avons rencontré les responsables du HCR qui coordonnent les actions humanitaires sur cette zone de l’Ukraine particulièrement touchée. Ils viennent en aide à ces communautés proches de la ligne de front en leur fournissant de la nourriture, des soins de santé, des abris, une aide financière, une éducation d’urgence, une protection et d’autres services vitaux. Nous avons pu également mesurer l’importance de leur travail en échangeant avec une famille dont l’appartement a été soufflé par une attaque aérienne. Dans leur cuisine, contre-plaqués aux fenêtres mais sourire aux lèvres, preuve de leur résilience, ils nous ont partagé leurs difficultés du quotidien et le rôle qu’a joué le HCR auprès d’eux.
𝙉𝙪𝙞𝙩 𝙘𝙤𝙢𝙥𝙡𝙞𝙦𝙪𝙚́𝙚…
Partis en fin d’après-midi, nous avons roulé plusieurs heures avant de rejoindre notre hôtel pour une nuit marquée par plusieurs alertes de drones, dont certains sont tombés sur la ville.
Ce matin, départ pour notre prochaine destination au petit matin…