Le malaise agricole que traverse notre pays n’est ni conjoncturel ni marginal. Il est profond, ancien, et atteint aujourd’hui un point de tension préoccupant. Celles et ceux qui travaillent la terre, élèvent leurs animaux et nourrissent la Nation méritent notre respect.
Dans nos territoires ruraux, l’agriculture structure la vie locale, entretient les paysages, maintient l’équilibre des villages et garantit notre souveraineté alimentaire. Quand l’agriculture vacille, c’est tout un modèle territorial qui est fragilisé.
Les agriculteurs font face à une accumulation de normes, à des injonctions parfois contradictoires et à une insécurité économique persistante. On leur demande toujours plus, sans leur offrir la stabilité et la visibilité indispensables pour se projeter et transmettre.
Les réponses politiques apportées jusqu’ici n’ont pas toujours été à la hauteur des enjeux. Trop souvent, les engagements annoncés se heurtent à des blocages ou à des renoncements, laissant les filières dans l’incertitude, tandis que la concurrence internationale progresse sans respecter les mêmes règles.
Dans ce contexte, je suis fermement opposée à l’accord Mercosur. On ne peut pas exiger de nos agriculteurs des standards élevés, sanitaires, environnementaux et sociaux, tout en ouvrant nos marchés à des productions qui ne s’y conforment pas. Cette incohérence fragilise nos filières et nourrit un sentiment d’injustice légitime. C’est pourquoi je me suis opposée sur le plan national à plusieurs reprises à cet accord profondément injuste.
Que dire de la dermatose nodulaire contagieuse sinon qu’elle est une tragédie pour nos éleveurs déjà lourdement affaiblis ! Pour les éleveurs directement touchés, ce sont parfois des années d’efforts brutalement fragilisées, des troupeaux décimés, des exploitations mises en péril et des drames humains. Derrière chaque troupeau abattu, il y a des femmes et des hommes, des familles, des communes entières éprouvées.
En réponse à la DNC, des mesures ont été annoncées par la ministre de l’Agriculture : accélération de la vaccination des bovins dans le Sud-Ouest, mobilisation exceptionnelle des vétérinaires, renforcement des contrôles, soutien financier et accompagnement des éleveurs touchés, y compris pour la reconstitution des troupeaux. Ces décisions doivent être mises en œuvre rapidement, avec clarté et efficacité, au plus près du terrain et pour éviter tout nouvel abattage de troupeau.
Mais au-delà de l’urgence, c’est une vision d’ensemble qu’il nous faut construire. Les agriculteurs ont besoin de cohérence, de stabilité et de respect. Ils ont besoin que l’État, l’Europe et les élus assument des choix lisibles, protecteurs et durables.
Pour ma part, 𝗹𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝗲𝘃𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲 𝗹𝗲 𝘀𝗮𝘃𝗲𝗻𝘁 : 𝗷𝗲 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲𝗿𝗮𝗶 𝗽𝗹𝗲𝗶𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲𝗻𝗴𝗮𝗴𝗲́𝗲 𝗮̀ 𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗰𝗼̂𝘁𝗲́𝘀.
À l’Assemblée nationale comme sur le terrain, je continuerai de porter leur voix et de refuser les décisions qui affaiblissent notre agriculture.
𝙋𝙖𝙧𝙘𝙚 𝙦𝙪’𝙞𝙡 𝙣’𝙮 𝙖 𝙥𝙖𝙨 𝙙𝙚 𝙥𝙖𝙮𝙨 𝙨𝙖𝙣𝙨 𝙥𝙖𝙮𝙨𝙖𝙣𝙨.