𝗟𝗼𝗶 𝗱’𝘂𝗿𝗴𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗮𝗴𝗿𝗶𝗰𝗼𝗹𝗲 : 𝗷𝗲 𝗺𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝗮𝗯𝘀𝘁𝗲𝗻𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝗷𝗲 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗲𝘅𝗽𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿𝗾𝘂𝗼𝗶.
S’abstenir n’est jamais la solution de facilité et encore moins un manque de courage. C’est le seul moyen de reconnaître les avancées d’un texte, tout en refusant certaines dispositions. C’est le choix que j’ai fait sur cette loi qui a été adoptée dans la nuit de lundi à mardi à l’Assemblée nationale.
J’ai pleinement participé à son examen en déposant et en cosignant 𝟴𝟲 𝗮𝗺𝗲𝗻𝗱𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝘀.
Lors de la première lecture à l’Assemblée nationale, le 27 mai 2026, j’avais voté en faveur de ce texte. Il apportait alors des réponses concrètes aux difficultés que rencontrent nos agriculteurs : les aléas climatiques, la concurrence déloyale, les contraintes administratives ou encore le renouvellement des générations.
Mais après son passage au Sénat, plusieurs dispositions ont profondément modifié son équilibre. Je ne pouvais donc plus le soutenir en l’état.
Deux sujets ont particulièrement motivé mon abstention.
𝟭. 𝗟𝗮 𝗿𝗲́𝗶𝗻𝘁𝗿𝗼𝗱𝘂𝗰𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗱𝗲𝘂𝘅 𝗽𝗲𝘀𝘁𝗶𝗰𝗶𝗱𝗲𝘀.
Avec plusieurs collègues de mon groupe parlementaire, j’ai déposé un amendement (ci-joint) pour supprimer cette disposition. Nous estimions qu’un sujet aussi important pour la santé publique méritait un débat spécifique et approfondi, et non d’être intégré à un texte d’urgence agricole.
Cet amendement a pourtant été déclaré irrecevable par le Gouvernement quelques heures seulement après que son dépôt avait été autorisé. Je le regrette.
𝟮. 𝗟𝗮 𝗴𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗹’𝗲𝗮𝘂
Face au changement climatique, nous devons accompagner notre agriculture en favorisant la sobriété et en développant les capacités de stockage. Mais cela ne peut se faire en opposant les usages de l’eau ni en affaiblissant les instances locales de concertation, qui permettent de construire des solutions adaptées à chaque territoire.
Pour autant, ce texte comporte aussi de réelles avancées qu’il serait injuste d’ignorer.
Sur les 71 articles que compte cette loi, plusieurs apportent des réponses utiles et concrètes. C’est précisément parce que je reconnais ces avancées que je n’ai pas voté contre. Mais elles ne suffisaient pas, à mes yeux, à compenser les déséquilibres introduits au cours de la navette parlementaire.
Je suis petite-fille de paysans, plusieurs membres de ma famille sont encore aujourd’hui agriculteurs ou éleveurs en Auvergne. Je connais les difficultés auxquelles nos agriculteurs sont confrontés chaque jour.
Les soutenir ne signifie pas renoncer à toute exigence. Bien au contraire. C’est leur donner les moyens de vivre dignement de leur travail, de préparer l’avenir de leurs exploitations et de construire une agriculture française à la fois compétitive, souveraine et durable.
Je refuse que l’on oppose systématiquement agriculture et environnement. Notre responsabilité est de faire avancer les deux ensemble. Il n’y aura ni agriculture forte sans ressources naturelles préservées, ni transition réussie sans agriculteurs.
C’est cette voie d’équilibre que je continuerai à défendre avec constance et conviction.
C’est pour l’ensemble de ces raisons que j’ai fait le choix de m’abstenir.